|
Haïti est un petit pays des Caraïbes, qui occupe le
tiers ouest de de l'île d'Hispaniola, entre la Mer des Caraïbes
et l'Océan Atlantique Nord, à l'ouest de la République
Dominicaine.

Sa superficie est d'environ 28 000 km² (soit un petit peu plus
que la région Bretagne) pour une population de presque 8 millions
d'habitants (environ 3 millions pour la Bretagne).
Environ 74% de la population vit en zone rurale. La quasi-totalité
des Haïtiens (95%) descendent d'esclaves noirs, le reste de la
population étant constitué de mulâtres (issus d'un
métissage entre Africains et Français). Les rivalités
entre ces deux communautés ont fortement marqué la vie
politique depuis l'indépendance.
Découpage
administratif et villes principales
Haïti est divisée en neuf départements, dirigés
par un préfet nommé par le gouvernement. La capitale,
Port-au-Prince, est de loin la ville la plus importante du pays, avec
1 100 000 habitants. Les autres agglomérations, bien plus petites,
sont Cap-Haïtien au nord, Les Cayes, au sud et Les Gonaïves
à l'ouest.
Langue
et religion
La Constitution de 1987 reconnaît le français et le créole
haïtien comme les deux langues officielles du pays. Les chrétiens
représentent environ 95% de la population, mais beaucoup d'Haïtiens
pratiquent également le vaudou.
Éducation
L'enseignement est théoriquement obligatoire pour les enfants
âgés de 6 à 12 ans. Cependant, les infrastructures
font cruellement défaut et le taux d'analphabétisme est
l'un des plus forts au monde : 75%. Seul 1,2% de la population s'engage
dans des études supérieures.
L'université d'Haïti, fondée en 1920, est située
à Port-au-Prince.
Culture
La culture haïtienne est riche des traditions africaine, française
et créole. La langue créole, les traditions et la religion
locales sont de plus en plus valorisées, avec, par exemple, l'émergence
d'un théâtre, de spectacles musicaux et de danses typiquement
créoles. Les sculptures de bois et les ouvrages de ferronnerie,
mais surtout la peinture, qui s'est beaucoup développée
après 1945, intéressent de plus en plus les collectionneurs.
Naïve, populaire et colorée, la peinture haïtienne
exalte la nature et le culte vaudou, et laisse une large place à
l'imagination.
Gouvernement
et vie politique
La constitution qui régit la vie politique haïtienne date
de l'époque post-duvaliériste. Après la chute du
dictateur, un nouveau texte constitutionnel fut approuvé par
référendum en mars 1987. Le président de la République
est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Il
choisit son Premier ministre au sein du parti qui détient la
majorité au Parlement. Le Parlement, bicaméral, comprend
une Chambre des députés de 77 membres et un Sénat
de 27 membres, tous deux élus au suffrage universel. Le système
judiciaire est quasiment paralysé. Il comprend des juridictions
civiles, des tribunaux de paix, plusieurs cours d'appel et une Cour
de cassation. Le président nomme les juges et dispose du droit
de grâce. Les forces armées haïtiennes comptent environ
7 400 hommes. L'armée, qui a longtemps dominé la vie politique,
fut en partie démantelée durant l'intervention américaine
de septembre 1994. En avril 1995, quelques mois avant de céder
le pouvoir, le président Aristide proposa la suppression pure
et simple de l'armée, qu'il considérait comme un véritable
"cancer". En réalité, on dut se contenter d'une
réduction de ses effectifs.
Économie
Haïti est l'un des pays les plus pauvres du monde et une partie
importante de sa population survit dans des conditions très précaires.
En 1994, le produit national brut (PNB) ne dépassait pas 1,75
milliard de dollars, soit 250 dollars par habitant (contre 21 740 dollars
pour la France). L'agriculture n'assure pas des revenus suffisants et
l'industrie se limite principalement à la transformation des
produits agricoles. La situation alimentaire des Haïtiens suscite
depuis bien des années l'inquiétude des organisations
humanitaires.
Agriculture
Touchée à la fois par la sécheresse et les tempêtes,
l'agriculture haïtienne (65% des actifs) n'est pas aussi performante
qu'elle le pourrait, la surpopulation des campagnes ayant entraîné
l'épuisement des terres et une érosion considérables.
La plupart des fermes sont de petites exploitations familiales où
l'on pratique la culture vivrière (maïs, manioc, patates
douces, haricots, riz, plantain), des exploitations plus importantes
fournissant les rares produits exportables : sucre de canne, café,
sisal, cacao, noix de coco, tabac et coton. La pêche reste extrêmement
artisanale et le bois sert à la fabrication de produits artisanaux
(masques, sculptures) destinés essentiellement à l'exportation.
Mines
et industries
L'industrie est en grande partie consacrée à la transformation
des produits agricoles : café, sucre et sisal. L'industrie manufacturière
produit essentiellement du textile, des matières plastiques et
du ciment. Quelques usines d'assemblage (matériel électronique
notamment) travaillent pour l'exportation. Les centrales hydroélectriques,
notamment sur le fleuve Artibonite, fournissent 70% de l'énergie
nécessaire au pays.
Échanges
Haïti importe beaucoup (machines et produits manufacturés
de base, produits pétroliers, produits chimiques et dérivés)
et exporte assez peu (café, sucre, produits artisanaux, matériel
électrique, conserves alimentaires), aussi son déficit
commercial est-il considérable.
Le réseau routier, amélioré dans les années
1970, n'est pas toujours carrossable pendant la saison des pluies. L'aéroport
international est situé à Port-au-Prince, l'intérieur
du pays étant également desservi par les lignes nationales
haïtiennes. La monnaie nationale est la gourde, qui se divise en
100 centimes.
|